Jovenel Moïse et l’opposition tirent à la corde.

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L’opposition reste mordicus pour le départ du président Jovenel Moïse, parallèlement le chef de l’Etat déploie toute sa stratégie pour trouver une sortie de crise sans négocier son mandat. Faisant croire que le président se cache à cause des pressions des rues, quelques jours plus tard le chef de l’état s’est descendu dans les rues pour saluer les différents marchands de Pétion-ville qui se trouvaient au bord de la route, une sortie déclarée provocante.

Mr Moïse dresse une commission pour faciliter le dialogue avec l’opposition, une proposition boudée par les leaders de l’opposition, qui de leur côté installent la commission de passation de pouvoir après le départ du président de la république. Dans ce jeu de corde, le chef de l’Etat tient à ce que les protagonistes de l’opposition viennent sur la table de négociation pour trouver une issue à la crise que fait face le pays depuis un mois environ, de l’autre côté ils tirent pour mettre Jovenel Moïse hors du palais National.

Les opposants croient que Jovenel Moïse se tient par un alié très puissant, les États-Unis d’Amérique. Et Sollicitent à ce dernier de ne plus supporter le président à rester au pouvoir. Par ailleurs, lors de la conférence de la « Inter American Press Association » ce lundi 7 octobre le sénateur Marco Rubio a fait savoir que les États-Unis ne vont pas se mêler dans la décision si le président Moïse reste ou pas au pouvoir.

Une lutte acharnée, un peu partout dans le pays, la colère dessine sur les visages des manifestatants, les rues s’intensifient, la révendication prend une autre ampleur. N’obtiennent toujours pas la démission du président, ils sont toujours déterminés à rester dans les rues jusqu’à la chute du président. Dans certaines villes, les protestateurs deviennent de plus en plus violents après plusieurs semaines de mobilisation.

Hier, à Saint-Marc un adolescent de 16 ans du nom de Jouby Joubert a été abattu par les agents de la PNH selon les témoignages de nombreux manifestants, dans la zone métropolitaine c’était le comble, à Delmas 66 des partisans du pouvoir empêchaient le passage des protestaires en déclenchant un véritable échauffouré entre eux provocant des casses, des jets de pierres et l’utilisation de grenade lacrymogène par les forces de l’ordre pour prendre le contrôle de la zone.

À Pétion-ville c’était la pagaille, des miliers de manifestant dévoués pour se rendre dans la résidence de Mr Moise à Pèlerin, au cours de route ils étaient stoppés par un contingent de la PNH, qui sans hésiter n’a fait que disperser cette foule immense avec un usage abusif de gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc pour évacuer les manifestants.

Dans certaines provinces du pays, des hommes armés gagnent les rues pour faire passer leur mécontentement face au pouvoir. Par ailleurs, il y a des gens qui profitent pour casser, piller, brûler les entreprises, les petits commerces. La police nationale semble dépasser par les événement face aux protestataires tempétueux. On dirait qu’on vit actuellement une scène de guerre en Haïti puisqu’on voit presque tout. Nous ne sommes pas loin du chaos et du désordre généralisé. Le grand perdant dans tout ça, c’est le pays dans son ensemble qui saigne depuis longtemps.

Déjà un mois, le pays a pour oxygène les gaz lacrymogènes, les fumées des pneus enflammés, l’odeur de ses immondices, ces déchets sont surtout utilisés pour bloquer les rues. Haïti voit le soleil chaque jour mais ne l’empêche pas de rentrer dans le monde ténébreux petit à petit.

Environ un mois, les écoles, les banques, les entreprises ferment leurs portes, le pays a court d’oxygène, rareté de l’eau, des cris pour les enfants avide de savoir, les petits commerces, les petites entreprises… D’après certains, nous vivons une période où le pays connait son pire moment depuis plusieurs décennies. Chaque personnes décidant de circuler dans les rues ces jours-ci, sachent que c’est possible de ne plus retourner chez eux, une peur bleue pour les citoyens. La situation est chaotique.

Fred Champagne

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