Haïti et la liberté de la presse : on a une longue marche à faire vers le progrès.

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Ce vendredi 03 Mai 2019 marque le 26e anniversaire de la journée mondiale de la presse, célébrée cette année sous le thème : « DES MÉDIAS POUR LA DÉMOCRATIE, LE JOURNALISTE ET LES ÉLECTIONS EN PÉRIODE DE DÉSINFORMATION ».

En Haïti, communiquer librement son opinion n’avait pas toujours été facile. Pendant ces dernières années, il m’est convenu tout bonnement de souligner que cet acquis de parler, de faire connaître le produit de sa pensée, de travailler en toute quiétude va d’une nette dégradation inquiétante.

Dans la dernière publication de *Reporters Sans Frontières* sur l’état de la liberté de la presse sur 180 pays, Haïti est classée en 62e position .
Rappelons qu’entre 2014 à 2019, Haïti est passée de 47e à 62e place. Cette perte combien importante de 17 places est le résultat d’un environnement de travail trop précaire, elle est liée à un manque de ressources financières, sans oublier que les journalistes haïtiens subissent encore des actes d’intimidation, des menaces de mort et certains ont même avoir été tués dans l’exercice de leur métier.
Le dernier cas enregistré est celui de notre confrère Vladjimir Legagneur, un photo-journaliste âgé de 30ans qui depuis 14 Mars 2018 est porté disparu. Ce dernier était parti en reportage à Martissant, l’un des quartiers les plus défavorisés de Port-au-Prince.
Environ 13 mois après sa disparition, aucune enquête n’a été faite pour savoir ce qui est vraiment arrivé à Vladjimir Legagneur et d’attribuer finalement une explication véritante et vérifiée à cette coûteuse disparition.
Cette incertitude qui plane sur l’existence d’une enquête sur la disparition du photo-journaliste est aussi valable pour Jean Dominique, Brignol Lindor et Jacques Roche.

Si en ce 21e siècle, il existe encore des endroits où les journalistes ne peuvent pas travailler dans une atmosphère de fiabilité, de confiance et de tranquilité, si jusqu’à lors ces derniers doivent encore dénoncer la précarité et l’inhumanité de leurs conditions de travail autant dégradante qu’écoeurante, on est loin de parler de *liberté de la presse.*

Comme le dit Milos Forman :
 » La pierre angulaire de la démocratie est la liberté de la presse « .
Malheureusement pour nous en Haïti, vue notre climat d’instabilité, cette vertu appelée *LIBERTÉ* devant jouer un rôle déterminant, fondamental voire prépondérant dans la bonne marche de notre société est de plus en plus menacée et conceptualisée…

Delcha Chery
MHP

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